Crise profonde de l'élevage : la Région intervient

Publié le par Marie-Hélène RIAMON

Crise profonde de l'élevage : la Région intervient

À juste raison, La presse locale et nationale a largement relayé et commenté les actions menées ces dernières semaines par les éleveurs et tout particulièrement ces derniers jours pour alerter les consommateurs et les responsables économiques et politiques.
Les producteurs de lait et de viande en difficultés sont nombreux dans la Loire, et j'ai eu très souvent l'occasion de m'entretenir avec des responsables professionnels et des exploitants de la situation de crise économique et sociale profonde qu'ils connaissent. Nous avions d'ailleurs très librement échangés sur ces sujets le 27 juin dernier lorsque j'ai accompagné le Président Jean-Jack QUEYRANNE au GAEC de Chazelle à Chateauneuf, près de Montbrison pour la signature du CROF Lait.
Les éleveurs sont plongés dans un paradoxe où les consommateurs leur demande de faire mieux (de qualité, de traçabilité, de mesures agri-environnementales, de protection sanitaire, de bien être animal , ... ) avec des marges en moins. J'observe que les exploitants réussissent parfaitement à faire mieux (et le GAEC de Chazelle nous l'a démontré) et veulent être justement rémunérés de leurs efforts. Ils s'opposent parfois en cela à leurs propres outils industriels qui répondent à d'autres stratégies ou contraintes : mondialisation du commerce de biens alimentaires de base, recherche de compétitivité par la croissance externe et le rachat des concurrents entre eux, standardisation des procédés, ...
La crise structurelle est profonde, c'est celle d'une mutation économique semblable à la conversion industrielle que nous avons connu dans la Loire à compter de 1975. Il convient donc de mobiliser la solidarité des politiques publiques pour accompagner cette mutation dans un contexte alourdi par le dérèglement climatique.
Le Président QUEYRANNE et son Vice Président Michel GREGOIRE ont rencontré ce mardi les responsables professionnels agricoles et les ont assuré de la capacité de la Région à mobiliser de nouveau les aides à l'approvisionnement collectif en fourrage comme en 2011, en complémentarité avec les aides d'urgence de l’État et l'intervention du fonds d'assurance des calamités agricoles. L'autre axe de solidarité est d'éviter la décapitalisation des entreprises agricoles par vente trop précoce des animaux de production.

Pour compléter mon appréciation de la situation, répondant à son invitation, j'ai visité ce jeudi matin tôt, l'entreprise Despierres, grossiste en viande à Roanne, au cœur du rayon AOC viande charolaise. Cette entreprise familiale de presque 50 salariés représente l'un des maillons de la filière indispensable à la juste vlorisation économique de la viande de qualité. Parmi les nombreux points que nous avons abordé avec mon co-listier Stéphane JEVAUDAN, Vice-Président de la Roannaise de l'Eau et adjoint à Riorges, je retiens que le consommateur (aussi bien au restaurant que à la maison) est prêt à bien payer un produit de qualité à condition qu'il soit certain de son origine, de sa qualité et que le gout soit au rendez vous. Cette règle de base conditionne la pérennité de la production et la rémunération des producteurs.

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